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Chessy est connu depuis plusieurs siècles pour abriter un des rares gisements de cuivre en France.Ce site est certainement exploité depuis fort longtemps, Gaulois,  Romains… Il n’en reste actuellement que d’énormes tas de terre stérile jaune (à l’ouest du village), où pousse une végétation un peu particulière.


A l’ère primaire, il y a environ 300 à 350 millions d’années, le territoire de Chessy, en grande partie recouvert par des eaux marines, comme l’ensemble de la région, a été le siège d’une intense activité volcanique. Des coulées de laves se sont empilées dans ce fossé ou rift ( 2 plaques continentales qui s’éloignent) dit de la Brévenne. Dans  ces conditions  particulières, des strates d’amas sulfurés se sont formées.
Beaucoup plus tard, environ 60 millions d’années, les eaux marines se retirent et les plaques continentales entrent en collision et se soulèvent. Une importante tectonique cassante se met en place : il en résulte la création du fossé d’effondrement de la Saône, de plus la partie orientale du Beaujolais est fracturée et surélevée…
Suite à ce bouleversement, des terrains anciens enfouis sont mis en contact avec ses terrains en formation. Les amas sulfurés du primaire transformés en minerais, ont donné sur le site de Chessy, surtout la présence de cuivre. (en moindre importance de zinc de plomb, d’or, de pyrite, de barytine…).

Le gisement s’étend sur environ 850m de long sur une profondeur de 250m : on rencontre, d’ouest en est, un gîte primaire d’amas sulfuré massif, « la mine jaune »  puis des gîtes d’altération secondaire, « la mine noire », puis la « mine rouge »( insérée dans une couche d’argile rouge) et enfin celui découvert au début du 19ème siècle, qui a fait sa renommée au niveau minéralogique, « la mine bleue » ( cristallisation sous forme d’azurite, alliée à la malachite verte, la cuprite, la smithsonite…), minéralisation appelée « Chessylite » et connue par les collectionneurs du monde entier. L’Azurite est identifiée depuis l’antiquité comme pigment  « lapis armenius », un carbonate de cuivre. Il ne faut pas le confondre avec « lazurite » ou lapi lazuli qui est un silicate ; (pierre précieuse).

Les mines de cuivre (situées à l’ouest) appartenaient aux abbés et étaient exploitées, mais nous n’avons que peu de documents sur cette catégorie de travailleurs à cette époque. Au cours du 13ème siècle, une petite bourgeoisie se met en place : défrichements, évolution des techniques, commerce plus florissant, augmentation de la population. Elle réclame plus de libertés pour aller et venir, des allègements de redevances, des droits et des usages écrits…

La guerre de cent ans entre les royaumes de France et d’Angleterre amène sa cohorte de calamités dans les campagnes. Mais le roi Charles VII de Valois, a besoin de nouvelles sources de minerais, il envoie son Grand Argentier, Jacques Cœur, dans la région. Ce dernier, en relation d’affaires avec la Famille lyonnaise Baronnat qui possédait depuis le début du XVème  siècle une partie de mines de Chessy, s’associe avec elle. Mais l’arrestation et la confiscation des biens de Jacques Coeur font passer l’exploitation de ces mines sous l’autorité de la royauté. (ordonnance du roi avril 1455).

L’activité minière n’a pas cessé, avec des hauts et des bas, mais elle reprend d’une manière importante, au XIX siècle : La découverte d’un filon de carbonate de cuivre ou azurite (appelée Chessylite- voir association minéralogique AMAC) vers 1812, assure une prospérité et une notoriété au village pendant un certain nombre d’années. Elles fournissaient annuellement jusqu'à 150.000 kilo de métal.

Une vaste fonderie était installée sur les bords de l'Azergues. On y traita tout d'abord le cuivre pyriteux, puis, en 1822, le cuivre carbonaté et enfin le cuivre oxydulé.   

Plus tard, sous l’impulsion d’un industriel lyonnais, Claude Marius Perret, qui avec son fils Michel met au point un brevet pour fabriquer à partir des pyrites de cuivre, de l’acide sulfurique. (acquisition des terrains des mines et de celles de St Pierre la Palud en 1840 et 1842). Une fabrique d’acide sulfurique, d’acide chlorhydrique et nitrique sera érigée en 1848 sur le site avec une cheminée de plus de 72m. (on parlait à cette époque de la plus haute d’Europe).

En 1871, la société Perret&fils vend l’ensemble de ses mines dont celle de Chessy à la compagnie St Gobain. La mine sera arrêtée en 1877, considérée comme épuisée. L’usine sera détruite.

Aux 19 et 20ème siècles,  les soyeux lyonnais se diversifient dans les campagnes environnantes et surtout dans les vallées de l’ouest : à Chessy, construction d’une usine de teinturerie (Mathelin) et d’une usine de  bonnèterie (Badadan).

Toutes les activités du secteur minier de la région (Chessy, Sain Bel, Bruissieu, Sourcieux les Mines…) sont, en partie, à l’origine de « la chimie lyonnaise ».

En 1983, à un moment où dans le monde, les prix des minerais et surtout celui du cuivre, explosent, le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) français, se penche sur le site et effectue des travaux considérables en vue d’une prochaine réouverture (découverte d’un amas profond de 900m de longueur, 100 à 400m de profondeur sur une superficie de 8 km2).« Le cuivre de Chessy, de l’or pour la France »…. titrent les journaux d’alors. (1991)
Mais, la conjoncture économique des années 90 (baisse du prix du cuivre) ne permettra pas de trouver des investisseurs et la mise en exploitation de la mine de Chessy.

En 2011, une partie des mines appartient toujours au BRGM ; tous les travaux entrepris dans les années 80 ont été arrêtés, les ouvrages mis en sécurité les galeries obstruées et le nivelage de la zone de la nouvelle mine et son fondu dans l’environnement se sont achevés en 2003. Il ne reste comme activité sur le site que des bassins de décantation et la structure qui permet la saturation des eaux par la chaux. 


Cette synthèse, très simpliste, d’un sujet considérable, n’a pour but que de vous mettre l’eau à la bouche; à vous, si le sujet vous intéresse, de trouver des documents beaucoup plus élaborés et scientifiques. Il en existe beaucoup, dont un seul, facile à lire et encore disponible : Le N° IX, Hors Série de la revue « Le Règne Minéral » édité en 2003. Toute la revue est consacrée comme son titre l’indique, à Chessy : « Mines et Minéraux de Chessy ». Il en reste quelques uns, disponibles à la vente, à la mairie

Liens externes en rapport avec les minéraux de Chessy :

Minéraux de Chessy