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La vallée d’Azergues a toujours été une région de passage entre le val de Saône, la vallée du Rhône et l’accès à l’ouest du pays. Des hommes de l’époque néolithique (8000-5000 av JC), peut-être du paléolithique (60 000 ans av JC) se sont arrêtés sur les terrains qui bordent la rivière, Azergues, face au site actuel du village de Chessy.

Lors de la construction de la déviation, en 1979, de la route CD 485, un certain nombre d’éclats, de racloirs, de pointes de flèches… ont été mis à jour permettent d’étayer ces hypothèses.

De même, des vestiges gallo-romains trouvés dans un champ, le long de la route du Breuil, (gardés au musée gallo-romain de Lyon), attestent la présence d’habitat celte, les Ségusiaves, et plus tard, de villa (domaine) romaine.

Dès le 6ème siècle av JC, le peuple gaulois, les Ségusiaves, travaillent le bois, la poterie, le verre et la métallurgie (peut-être utilisaient- ils déjà le cuivre sur le site des mines, mais rien ne permet de le prouver).

Vers le 1er siècle ap JC, les Romains s’installent au lieu de la confluence de la Saône et du Rhône et fondent Lugdunum. Ils prospectent les vallées de l’ouest et installent des colons qui amènent à la cité, alimentation, eau, minerais…

Une villa dite de Cassius s’érige sur le site de Chessy et perdure trois ou quatre siècles. La vigne est cultivée.

L’ensemble de l’empire romain se convertit peu à peu au christianisme. Les invasions germaniques des siècles suivants entraînent une période de désordres, guerres, épidémies, famine…

Suite à ces exactions, un regain spirituel s’empare de la population ; des évêques du diocèse de Lyon consacrent alors l’emprise de la religion sur toute la région qui se trouve sous l’autorité des Burgondes ; ils figurent parmi les possédants, disposent de fortunes appréciables, contrôlent les rouages de l’économie et installent hors des murs de la ville, des abbayes, véritables places fortifiées.




Chessy se trouve vassal d’un suzerain, seigneur et abbé, « la puissante abbaye de Savigny ». A l’approche de l’an mil avec son cortège de prédictions qui annoncent la fin du monde, les seigneurs Arode et Angèle de la bourgade de Chessy font don de leur domaine aux abbés de Savigny. (documents du cartulaire de l’abbaye)

Les moines résidents décident de détruire le château en bois et de le reconstruire en pierres de taille prélevées dans des carrières proches. Ils l’érigent sur la falaise de tuf, avec un donjon assez haut pour surveiller les entrées et sorties de la vallée.

Un mur d’enceinte ferme totalement la cité. Ce dernier est encore visible à l’est du village et au nord ouest avec sa porte d’entrée, la porte dite du Bourgchanin, qui autrefois était surmontée d’un bas relief romain représentant une belle femme aux cheveux bouclés couronnée de pampres représentant Bacchus ou Pomone. Malheureusement, ce bas relief a été vendu, il se trouve actuellement au dessus du fronton de la cave de Beaujeu. L’association du patrimoine, « la Vigneronne » en a fait son logo. Ces remparts permettent de mettre à l’abri les habitants, paysans et mineurs, des luttes que se livraient les duchés de Bourgogne, de Beaujeu, du Forez, l’archevêché lyonnais.

Les habitants serfs pour la plupart travaillent sous l’autorité des moines de petites parcelles qu’ils défrichent, de froment, de seigle, de vigne ; beaucoup de terres sont en jachère. Ces paysans se transforment en tixiers (tisserands), l’hiver, filant et tissant le chanvre cultivé sur place.

Le traitement des cuirs et des peaux est aussi florissant ; les tanneurs utilisent l’eau en abondance sur le territoire de la commune pour les nettoyer. Cette eau provient à la fois de la rivière, l’Azergues, et des ruisseaux environnants, mais surtout dans le bourg, de l’écoulement de Sources à débit important (1000m3 jour); On peut avancer que le village, au cours des âges s’est construit autour de ces points d’eau. Des moulins ont profité de cette énergie et se sont développés. 



Les mines de cuivre (situées à l’ouest) appartenaient aux abbés et étaient exploitées, mais nous n’avons que peu de documents sur cette catégorie de travailleurs à cette époque. Au cours du 13ème siècle, une petite bourgeoisie se met en place : défrichements, évolution des techniques, commerce plus florissant, augmentation de la population. Elle réclame plus de libertés pour aller et venir, des allègements de redevances, des droits et des usages écrits…

Des chartes de franchises sont accordées, souvent assez tard dans le Lyonnais et le Beaujolais, celle de Chessy en 1272. Elles n’ont rien de démocratiques, les privilèges des seigneurs, ici des abbés, restent les mêmes.  En 1312, la région rentre dans les possessions  du royaume de France, sous le règne des Capétiens, Philippe IV le Bel.

La guerre de cent ans entre les royaumes de France et d’Angleterre amène sa cohorte de calamités dans les campagnes. Mais le roi Charles VII de Valois, a besoin de nouvelles sources de minerais, il envoie son Grand Argentier, Jacques Cœur, dans la région. Ce dernier, en relation d’affaires avec la Famille lyonnaise Baronnat qui possédait depuis le début du XVème  siècle une partie de mines de Chessy, s’associe avec elle. Mais l’arrestation et la confiscation des biens de Jacques Coeur font passer l’exploitation de ces mines sous l’autorité de la royauté. (ordonnance du roi avril 1455).



De cette époque mouvementée, dite du Moyen-Age, le bourg du village en a gardé son aspect global. Il reste les rues étroites et sinueuses comme la rue d’en haut, rue principale du bourg où l’on imagine en s’y promenant les échoppes, la foule, les chevaux. Les maisons en pierres datent du XV – XVI siècles, belles demeures renaissances avec des fenêtres à meneau ; la mieux conservée, surnommée « le Pigeonnier » comporte un escalier à vis desservant les deux corps de logis, une haute tour heptagonale surmontée d’un pigeonnier et un escalier extérieur formant balcon. De vastes écuries attenantes font penser qu’il y a eu là, un relais de diligences. Une maison a gardé ces greniers ouverts, appelés galetas, où l’on faisait sécher l’été graines, fruits et autres ingrédients. On pouvait passer par ces greniers d’une maison à l’autre.

Les pierres (Pierres de calcaire ferreux de couleur ocre jaune) de ces demeures viennent de l’exploitation des carrières situées juste derrière le village et maintenant recouvertes de bois et des carrières de Glay sur la commune actuelle de St Germain sur l’Arbresle à la limite de la commune de Chessy sur la colline, rive droite de l’Azergues.



L’histoire du  village pendant la période révolutionnaire  s’inscrit dans la continuité de celle de la région Lyonnaise. Elle va bénéficier sous l’Empire de la croissance économique de Lyon avec ses liaisons avec l’Italie : Lyon devient ville de soierie…

Aux 19 et 20ème siècles,  les soyeux lyonnais se diversifient dans les campagnes environnantes et surtout dans les vallées de l’ouest : à Chessy, construction d’une usine de teinturerie (Mathelin) et d’une usine de bonnèterie(Badadan).

L’activité minière n’a pas cessé, avec des hauts et des bas, mais elle reprend d’une manière importante, au XIX siècle : La découverte d’un filon de carbonate de cuivre ou azurite (appelée Chessylite- voir association minéralogique AMAC) vers 1812, assure une prospérité et une notoriété au village pendant un certain nombre d’années.

Plus tard, sous l’impulsion d’un industriel lyonnais, Claude Marius Perret, qui avec son fils Michel met au point un brevet pour fabriquer à partir des pyrites de cuivre, de l’acide sulfurique. (acquisition des terrains des mines et de celles de St Pierre la Palud en 1840 et 1842). Une fabrique d’acide sulfurique, d’acide chlorhydrique et nitrique sera érigée en 1848 sur le site avec une cheminée de plus de 72m. (on parlait à cette époque de la plus haute d’Europe).

En 1871, la société Perret&fils vend l’ensemble de ses mines dont celle de Chessy à la compagnie St Gobain. La mine sera arrêtée en 1877, considérée comme épuisée. L’usine sera détruite.

Toutes les activités du secteur minier de la région (Chessy, Sain Bel, Bruissieu, Sourcieux les Mines…) sont, en partie, à l’origine de « la chimie lyonnaise ».


Jean-Baptiste Perret, élu Maire pendant 25 ans, de 1855 à 1880, a marqué la commune par ses réalisations : lavoir, pont en pierres sur l’Azergues, bâtiment de la mairie, fontaines…)

Chessy traverse le 20ème siècle en axant ses activités sur le textile (environ 300 ouvriers).

Malheureusement, on peut lire sur le monument aux morts, comme beaucoup de communes de France, une liste impressionnante de jeunes hommes tués à la guerre de 1914-18., de même, quelques noms de personnes ayant donné leur vie pendant la période de la Résistance.

En 1983, une possible réouverture des Mines est envisagée par le BRGM, propriétaire du site ; des travaux sont entrepris mais abandonnés définitivement en 1992. Actuellement, il entretient les eaux de ruissellement sur le site, par un traitement à la chaux, avant de les rejeter dans l’Azergues.